Restaurants & Gastronomie 75004 AVIS DE TABLE

Ofam restaurant : notre avis sur le bar à tapas de Morland

Une cour piétonne et arborée dans le 4e, du canard landais, des tables hautes et une sono qui monte après 20 h 30. Nous avons passé plusieurs soirées dans ce bar à tapas du quartier Morland : voici ce que ça vaut vraiment.


Élise Marchand
Élise Marchand Fondatrice & rédactrice en chef

JUIN 2026 · 10 MIN DE LECTURE

CARTEL LIEU

TYPE

BAR À TAPAS SUD-OUEST

ARRONDISSEMENT

PARIS 4E · MORLAND

FOURCHETTE

€€

MOMENT IDÉAL

APÉRO 18H-20H EN SEMAINE

RÉSERVATION

CONSEILLÉE ET À CONFIRMER

Un mardi de juin, vers 19 h 30, la cour de l’Île Louviers sentait le poivron grillé et la bière tiédie par le soleil rasant, et c’est là, entre deux façades réhabilitées du quartier Morland, que nous avons passé notre première soirée chez Ofam restaurant. Une cour piétonne, une vingtaine de tables hautes, deux serveurs qui slaloment avec des planches en bois, et ce détail qui nous a fait sourire : la moitié de la salle regardait le ciel plutôt que la carte, parce qu’à cette heure-là, dans ce coin du 4e, la lumière tombe entre les immeubles comme dans un puits.

Ofam restaurant : de quelle adresse parle-t-on ?

Tapez le nom dans un moteur de recherche et vous récoltez plusieurs lieux sous deux orthographes, Ofam et O’Fam, auxquels s’ajoute une adresse parisienne qui apparaît sous un tout autre nom selon les plateformes. C’est le premier service à vous rendre : trier tout ça, parce que le lieu du 4e et ceux des Hauts-de-Seine n’ont ni la même ambiance, ni le même usage.

Côté Paris, une cour piétonne du 4e arrondissement

L’adresse parisienne se niche dans la cour de l’Île Louviers, à deux pas de l’Arsenal, à l’intérieur de l’ensemble Morland réhabilité il y a quelques années. On ne la voit pas de la rue, et c’est tout l’intérêt : aucun bruit de circulation, pas de terrasse coincée entre deux couloirs de bus, juste une cour plantée où les tables se remplissent par vagues à partir de 18 h. Selon les sources publiques, ce serait la dernière-née d’une petite enseigne lancée en 2017 par un enfant des Landes, arrivée dans le 4e au début des années 2020. La maison revendique des produits du Sud-Ouest pris au plus près des producteurs de la région, canard en tête.

Côté Levallois, au pied du marché couvert

Les autres adresses que vous risquez de croiser se situent à Levallois-Perret, du côté du marché couvert, là où l’enseigne a commencé et où elle compte deux implantations voisines. Ce n’est pas la même expérience : terrasse de place, clientèle de bureau à midi, formules du déjeuner annoncées autour de 15,50 et 18,50 euros par les fiches locales, service en continu de la mi-journée à tard le soir. Si vous cherchez un déjeuner rapide et chiffré, c’est plutôt là. Si vous cherchez une cour à l’abri du bruit pour un apéro qui s’étire, c’est plutôt Paris.

Et ce « Bistro Morland » qui revient partout

Dernière source de confusion, et c’est l’enseigne parisienne que nous évoquions plus haut : l’adresse du 4e apparaît sur plusieurs plateformes sous le nom de Bistro Morland, avec la société FAM MORLAND derrière. Vous pouvez donc réserver un endroit et voir s’afficher un autre nom sur votre confirmation, sans que ce soit une erreur. Gardez le repère géographique en tête plutôt que l’enseigne : la cour, le quartier, le métro.

📍 Bon à savoir

Les horaires que nous avons relevés en ligne ne concordent pas entre plateformes : certaines annoncent une ouverture en journée du lundi au vendredi et un service uniquement en fin d’après-midi le samedi, une autre affiche des créneaux de réservation bien plus larges, et une fiche de privatisation portait la mention « fermé » au moment de nos vérifications, alors même que des avis récents décrivent des soirées animées.

Rien ne permet d’affirmer une fermeture définitive, mais plusieurs avis publics signalent des fermetures inattendues en période de vacances, y compris avec une réservation confirmée. Appelez l’établissement ou passez par son site officiel avant de traverser Paris : c’est le seul horaire qui fasse foi, et il est fixé par le lieu, pas par nous.

La salle et la terrasse : ce qu’on voit en poussant la porte

La cour, le vrai argument

Soyons clairs sur ce qui fait venir : ce n’est pas la cuisine, c’est la cour. Une cour arborée, piétonne, à l’écart des voitures, dans un arrondissement où la moindre terrasse se paie en décibels. Les tables hautes y sont serrées, on s’y installe debout autant qu’assis, et le calme relatif du lieu se transforme en brouhaha franc dès qu’il y a du monde. À l’ombre en fin d’après-midi, la cour se rafraîchit vite : par temps mitigé, prévoyez une couche de plus que ce que le thermomètre suggère.

Le décor, brut et assumé

À l’intérieur, tout est en bois et en métal : des tables hautes, des tabourets, des assises sans façon. Les descriptions publiques divergent, certaines racontent un plafond couvert d’affiches de férias, d’autres de grandes baies vitrées et de vieilles affiches de cinéma : c’est probablement que la décoration a bougé, ou que les fiches décrivent des espaces distincts. Ce que nous avons vu tient de la cantine du Sud-Ouest un peu bricolée, plus chaleureuse que soignée, avec des murs qui racontent une région plutôt qu’un concept. Ne venez pas pour l’élégance du lieu, venez pour son absence de pose.

Le niveau sonore, et si l’on peut se parler

Question rarement traitée et pourtant décisive. Avant 19 h 30, on discute normalement, à deux comme à quatre. Après 20 h 30, la musique monte, la programmation part sur des airs de férias et des tubes des années 80 et 90, et il faut hausser la voix. Pour un premier rendez-vous ou une conversation qui compte, c’est le début de soirée ou rien.

« On y va pour la cour et pour le canard, pas pour la finesse de l’assiette : c’est une adresse de bande, pas une adresse de tête-à-tête. »

Ce qu’on mange chez Ofam restaurant : palas, cônes et canard

Les planches et les cônes à partager

Le cœur de la carte, ce sont les palas, ces planches de charcuterie et de produits à partager, autour de 18,50 à 24 euros selon les fiches consultées : jambon ibérique, cecina de León, foie gras, gravlax de saumon, Ossau-Iraty. À côté, les cônes à partager, entre 10 et 16 euros environ, jouent la carte du grignotage debout. Le reste tourne autour des classiques du genre : croquetas de canard, pintxos, patatas bravas, pimientos de padrón, cœurs de canard, taloa. C’est généreux, c’est salé, c’est fait pour accompagner un verre plutôt que pour tenir lieu de repas structuré.

Les plats chauds et la formule du midi

Quelques plats complètent l’ardoise, de l’ordre de 14 à 17,50 euros selon les fiches : suprême de volaille, faux-filet, poisson aux légumes de saison, risotto de canard au foie gras. À Levallois, la logique change complètement avec des formules déjeuner chiffrées, pensées pour la pause de midi. À Paris, le midi ressemble davantage à une version calme du soir qu’à un menu ouvrier.

Les vins, les cocktails, le reste de l’ardoise

La carte des vins reste fidèle au territoire revendiqué : Bordeaux, Tursan, quelques bouteilles du Languedoc, avec des bouteilles annoncées entre 27 et 90 euros et quelques verres autour de 7 euros. Les cocktails, entre 8 et 15 euros environ, se veulent basco-landais et tiennent plus de l’apéritif festif que du travail de bar à cocktails. Bières artisanales et digestifs régionaux complètent l’ensemble.

Si vous êtes végétarien, passez votre chemin ou négociez

C’est la réserve la plus honnête que nous puissions formuler : une carte construite sur le canard, la charcuterie et le jambon laisse peu de marge. Il reste les patatas bravas, les pimientos, un finger de chèvre au miel, du fromage, une garniture de légumes. De quoi grignoter, pas de quoi dîner. Si votre table compte un végétarien, appelez avant pour savoir ce qui est disponible ce soir-là, l’ardoise bouge avec la saison.

🌿 Le conseil d’Élise

Ne commandez pas tout d’un coup. Prenez d’abord une pala et deux tapas chaudes pour deux, laissez venir, puis complétez selon la faim réelle : les portions sont plus copieuses qu’elles n’en ont l’air et c’est la meilleure façon de faire baisser l’addition de dix euros sans rien sacrifier. Et demandez un verre de Tursan plutôt qu’un cocktail : c’est là que la maison est la plus cohérente avec ce qu’elle raconte.

Le rapport qualité-prix chez Ofam restaurant : ce qu’on dépense vraiment

Pour un apéro à deux

Deux verres, une planche partagée, une portion de croquetas : comptez de l’ordre de 45 à 60 euros pour deux, pourboire compris. C’est le format pour lequel l’adresse est la mieux calibrée, et c’est celui où le rapport qualité-prix nous a paru le plus juste, parce que vous payez aussi la cour et le temps qu’on vous laisse y rester.

Pour un vrai dîner

Une pala, deux plats chauds, un dessert partagé et une bouteille d’entrée de gamme, et vous montez facilement à 90 ou 110 euros pour deux. À ce niveau-là, la question se pose franchement : la cuisine est généreuse et sincère mais elle reste une cuisine de bar à tapas, pas une cuisine de table. Les agrégateurs situent d’ailleurs la dépense moyenne entre une vingtaine et une quarantaine d’euros par personne, ce qui recoupe assez bien nos passages.

Face aux autres bars à tapas parisiens

Sur le papier, les prix sont dans la moyenne haute du genre à Paris. Ce qui les justifie, ce n’est pas l’assiette, c’est le mètre carré : une cour arborée piétonne dans le 4e, cela n’existe presque nulle part ailleurs à ce tarif. Considérez la différence comme le prix du calme, et l’arbitrage devient nettement plus favorable.

Format de soiréeCe qu’on prendFourchette observée pour deuxCréneau conseillé
Apéro rapide2 verres, 1 cône, 1 tapa chaude30 à 40 €18 h à 19 h 30, en semaine
Apéro qui s’étire2 à 3 verres, 1 pala, 2 tapas45 à 60 €18 h 30 à 20 h 30
Dîner complet1 pala, 2 plats, 1 bouteille90 à 110 €19 h 30 à 21 h
Déjeuner côté LevalloisFormule du midi annoncée15,50 à 18,50 € par personne12 h à 13 h 30

Fourchettes constatées lors de nos passages.

Le meilleur créneau pour y aller

Le midi en semaine, quand la cour respire

C’est le créneau dont personne ne parle. Entre 12 h et 13 h 30, la cour reste calme, on entend les oiseaux plus que la sono, et le service a le temps de vous expliquer d’où vient le canard. Idéal pour un déjeuner de travail sans cravate ou pour une conversation qui demande de l’attention.

L’heure dorée sur la terrasse

En fin d’après-midi, la lumière descend entre les bâtiments et la cour devient franchement belle pendant une petite heure. Une plateforme mentionne un happy hour du lundi au samedi, de 16 h à 21 h : nous le citons comme une indication trouvée sur une seule source, à confirmer sur place, pas comme une règle établie. C’est en tout cas la tranche où l’endroit donne le meilleur de lui-même, et c’est pour elle que nous vous conseillons de viser le début de soirée.

Le samedi soir, à réserver ou à éviter

Le samedi, le lieu bascule dans un autre registre : afterworks et anniversaires prennent les grandes tables, la musique monte, l’attente sans réservation peut vite dépasser la demi-heure. Si vous venez à six ou plus, réservez plusieurs jours à l’avance et confirmez la veille. Si vous cherchez du calme, choisissez un autre soir.

On a aimé, on a moins aimé, et à qui ça plaira

✨ On a aimé / On a moins aimé

ON A AIMÉ

La cour piétonne et arborée, sans voitures ni deux-roues, une rareté réelle dans le 4e arrondissement.

La cohérence du sourcing revendiqué, avec des producteurs du Sud-Ouest mis en avant et des viandes françaises assumées sur l’ardoise.

Le service du midi, disponible et bavard, qui prend le temps d’expliquer la carte quand la salle est vide.

ON A MOINS AIMÉ

Le niveau sonore après 20 h 30, qui rend toute conversation à quatre pénible sans forcer la voix.

L’addition d’un dîner complet, autour de 100 euros pour deux, pour une cuisine qui reste franchement une cuisine de bar à tapas.

L’incertitude sur les horaires, avec des informations divergentes en ligne et des avis mentionnant des fermetures pendant les vacances malgré une réservation confirmée.

Cela plaira aux bandes de collègues qui cherchent un apéro debout dans un endroit qui ne sente ni la chaîne ni le bureau, aux amateurs de charcuterie et de produits du Sud-Ouest, aux organisateurs de pots de départ qui veulent un lieu privatisable dans le centre. Cela ne plaira pas aux couples qui espèrent un dîner tranquille en soirée, aux végétariens, aux budgets serrés qui voudraient un vrai repas complet, ni à ceux qui détestent manger debout.

Y aller : accès, réservation et alentours

01

Vérifiez l’ouverture

Passez par le site officiel de l’établissement ou appelez le jour même, surtout en période de vacances scolaires.

02

Réservez si vous êtes plus de quatre

La capacité annoncée par une fiche de privatisation monte jusqu’à quatre-vingts personnes, mais les grandes tables partent vite le soir.

03

Venez par Sully-Morland

La ligne 7 dépose à moins de deux cents mètres, Quai de la Rapée sur la ligne 5 constitue l’alternative la plus simple.

Côté paiement, les fiches publiques annoncent les cartes classiques et les titres restaurant, ce qui reste à confirmer sur place. Et puisque vous serez dans le quartier, autant en faire une soirée entière : l’ensemble Morland et les berges de l’Arsenal se prêtent bien à une marche avant ou après.

Questions fréquentes sur Ofam restaurant

Est-ce ouvert le dimanche ?

Les horaires publics de l’adresse parisienne indiquent une fermeture dominicale, avec un service en semaine et un samedi qui démarre en fin d’après-midi. Ces informations divergent selon les plateformes : considérez-les comme indicatives et vérifiez auprès de l’établissement.

Faut-il réserver ?

À deux, en semaine et avant 19 h 30, vous trouverez généralement de la place. À partir de quatre convives, le vendredi ou le samedi, la réservation devient franchement recommandée, et une confirmation la veille évite les mauvaises surprises.

Quel budget prévoir ?

Comptez de l’ordre de 20 à 30 euros par personne pour un apéro nourri, davantage pour un dîner complet avec bouteille. Les agrégateurs situent la dépense moyenne dans une fourchette large, entre une vingtaine et une quarantaine d’euros, ce qui reste un ordre de grandeur et non un tarif officiel.

Y a-t-il une terrasse ?

Oui, et c’est même l’argument principal de l’adresse parisienne : une cour piétonne et arborée, à l’écart de la circulation. Celles de Levallois donnent quant à elles sur le quartier du marché couvert.

Quel métro pour y aller ?

Sully-Morland sur la ligne 7 est l’accès le plus direct, à environ cent cinquante mètres selon les fiches consultées. Quai de la Rapée sur la ligne 5 constitue une bonne alternative si vous venez de l’est.

Les titres restaurant sont-ils acceptés ?

Les moyens de paiement annoncés publiquement incluent les cartes bancaires courantes ainsi que les titres restaurant. Comme toute information de ce type, elle peut changer sans préavis : posez la question au moment de commander.

Peut-on privatiser le lieu pour un afterwork ?

Une fiche de privatisation évoque une capacité pouvant aller jusqu’à quatre-vingts personnes et une privatisation totale possible. C’est une source unique, à faire confirmer directement par l’établissement, qui reste seul à fixer ses conditions et ses tarifs.

Notre conseil, pour finir : réservez un mardi ou un mercredi vers 18 h 30, prenez une pala et deux verres de vin du Sud-Ouest, installez-vous côté cour et laissez passer l’heure dorée. C’est à ce moment précis que cette adresse justifie son prix, et c’est aussi celui où vous pourrez encore vous entendre parler. Vérifiez simplement l’ouverture le matin même : c’est la seule précaution qui compte vraiment ici.

Assiette à partager sur une table de bois clair
Comptoir de restaurant parisien avec tabourets hauts

Y ALLER

Nous ne prenons aucune réservation et nous ne gérons aucun planning. Pour réserver une table ou vérifier les horaires du service, passez par le site officiel du restaurant.

Élise Marchand, fondatrice de La Félicité

— ÉLISE MARCHAND

Journaliste lifestyle indépendante depuis douze ans, parisienne d’adoption par le 11e puis le 9e, installée dans le 4e. Elle teste sur place, paie ses additions et écrit ce qu’elle a réellement vu.